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Measure

Profils régionaux

Dans le rapport de l’année dernière, nous avons adopté une approche stricte de la section consacrée aux profils régionaux, en nous concentrant sur l’Afrique subsaharienne et sur les 15 pays de cette région ayant honoré leurs engagements dans le partenariat FP2030 avant le mois d’août 2022. Cette année, grâce aux engagements pris dans toutes les régions appartenant à un hub de FP2030 (Asie-Pacifique, Afrique de l’Est et australe, Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, Amérique latine et Caraïbes), nous élargissons notre champ d’action afin d’inclure ces quatre régions.

Cette année, nous nous concentrons sur la planification familiale post-partum, une thématique choisie précisément par les hubs régionaux. En 2023, les pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure ont enregistré plus de 95 millions de naissances, dont 59 millions n’étaient pas désirés4.

En outre, ces pays ont totalisé plus de 80 % des cas où la mère était très jeune (moins de 20 ans). La planification familiale post-partum est une pratique à haut impact qui s’accompagne de la capacité démontrée d’amélioration des résultats sanitaires pour la mère et le nouveau-né, mais aussi d’augmentation de l’adoption de la contraception. 

Chaque section régionale commence par une actualisation démographique concernant la population des femmes en âge de procréer, les évolutions la concernant au fil du temps, l’indice synthétique de fécondité, le nombre total de naissances, l’âge médian de la population, l’utilisation des méthodes modernes de contraception et les contraceptifs les plus couramment utilisés dans la région concernée. Toutes les données démographiques proviennent de la Division de la population des Nations Unies.

bullhorn

Tandis que les lois et les normes de genre touchent les femmes et les jeunes filles tout au long de leur vie, les conséquences peuvent être plus importantes et liées à la grossesse.

Ensuite, nous récapitulons les résultats de l’évaluation de l’inclusion sociale et de l’égalité des sexes

pour la région concernée, s’ils sont disponibles. Le processus d’évaluation à débuté en 2023 avec les hubs d’Afrique de l’Est et australe et d’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale. En 2024, il se poursuit avec le hub d’Asie-Pacifique. (Le hub d’Amérique latine et des Caraïbes n’a pas encore lancé le processus.) Les évaluations fournissent un contexte d’encadrement pour la région en soulignant la manière dont les politiques et les normes de genre influent sur la planification familiale à l’échelle des personnes, des ménages, des communautés et de la société. 

Tandis que les lois et les normes de genre touchent les femmes et les jeunes filles tout au long de leur vie, les conséquences peuvent être plus importantes et liées à la grossesse. Les limites et les attentes genrées façonnent de manière considérable le bien-être physique, émotionnel et financier des femmes tout au long de ce continuum (depuis les soins prénataux jusqu’au post-partum). 

Dans le cadre de notre analyse des données, nous avons étudié l’utilisation de la planification familiale post-partum par rapport au risque de grossesse et à l’espacement des naissances grâce aux enquêtes de santé démographiques. Nous analysons l’étendue selon laquelle l’utilisation des méthodes de contraception moderne post-partum5

diffère en fonction du lieu d’accouchement, de l’âge de la mère et de sa situation matrimoniale lorsqu’elle a donné naissance à son premier enfant. En outre, nous étudions les indicateurs des systèmes de santé, comme la planification et le contenu des contrôles postnataux, afin d’identifier des schémas et de suggérer des occasions d’amélioration. 

Même si cette analyse se concentre sur les conseils et l’adoption au cours du post-partum, les options de planification familiale doivent également être discutées avec les femmes lors de leurs visites prénatales. L’Organisation mondiale de la Santé recommande huit consultations prénatales au minimum, qui devraient comprendre des discussions au sujet des options de planification familiale postnatales avec d’autres questions de santé essentielles6.

Remarque : à cause des limites influant sur l’accessibilité des données en Amérique latine et aux Caraïbes, nous pouvons fournir uniquement une actualisation démographique pour cette région.
4.
Les chiffres indiqués ne devraient pas être comparés directement, étant donné qu’ils proviennent de sources différentes. Les 95 millions de naissances sont estimés par la Division Population des Nations Unies (https://population.un.org/wpp/), tandis que les 59 millions de naissances non désirées estimés proviennent de la calculatrice d’incidence de Track20 (www.track20.org/pages/data_analysis/publications/methodological/estimating_impacts.php).
5.
L’analyse s’est limitée aux naissances les plus récentes qui ont eu lieu au moins 12 mois avant les entretiens.
6.
Organisation mondiale de la Santé, Recommandations de l’OMS concernant les soins prénataux pour que la grossesse soit une expérience positive, Genève, OMS, 2016, https://iris.who.int/bitstream/handle/10665/259584/9789242549911-fre.pdf?sequence=1.

Points clés à retenir

Il est essentiel que les contrôles postnataux soient planifiés rapidement. Au cours des premières semaines du post-partum, les femmes courent peu de risque d’être à nouveau enceintes. Cependant, ce moment est crucial pour leur fournir des conseils au sujet de la planification familiale. Pendant cette période, les femmes sont en contact avec les prestataires de soins de santé qui leur fournissent des services essentiels. Chaque point de contact est une occasion de s’assurer que leurs besoins en contraception sont satisfaits. Un trop grand nombre de femmes redeviennent fécondes sans aucune préparation, car elles n’ont pas bénéficié de planification familiale post-partum. Les femmes doivent obtenir des conseils quant à toutes les méthodes de contraception dont elles disposent, y compris celles pouvant être prises tout de suite après l’accouchement. Les conseils précoces sont étroitement liés à une plus grande adoption de la contraception. 

Dans le cadre de notre analyse, nous avons déterminé que, dans tous les pays et les régions (à l’exception du Cambodge), la prévalence contraceptive moderne est plus élevée chez les femmes dont les contrôles postnataux ont eu lieu 4 heures après l’accouchement par rapport à celles qui en ont bénéficié au bout de 41 jours ou plus, voire jamais. (Nous avons utilisé la variable de 4 heures après l’accouchement afin de prouver l’attention portée par le système de soins de santé aux besoins des femmes. Nous supposons que ce contrôle est suivi d’autres rendez-vous planifiés de manière appropriée. L’Organisation mondiale de la Santé recommande de fournir des conseils en planification familiale dans les 24 heures suivant l’accouchement et ultérieurement7.) Les soins postnataux fournis en temps opportuns varient énormément en fonction de la région. En Afrique de l’Est et australe, la majorité des femmes ne bénéficient pas d’un contrôle postnatal dans les 4 heures suivant l’accouchement, contrairement à un tiers des femmes en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, et à la majorité d’entre elles en Asie-Pacifique.

Le lieu de l’accouchement ne devrait pas déterminer les types de services fournis aux femmes. Les femmes qui accouchent à domicile ont toujours une prévalence contraceptive moderne plus faible au cours du post-partum. En outre, certains pays affichent une différence dans la prévalence contraceptive moderne post-partum selon si les accouchements ont eu lieu dans des établissements de santé publics ou privés. Cela pourrait indiquer des lacunes dans les services fournis. En ce qui concerne les accouchements à domicile, lOrganisation mondiale de la Santé recommande que le premier contact postnatal soit établi dès que possible dans les 24 heures suivant l’accouchement8. Si les contraceptifs sont proposés dans le cadre d’une distribution communautaire, les agents de santé doivent s’assurer que la jeune mère bénéficie rapidement d’un contrôle et a accès à plusieurs options de planification familiale post-partum. Les établissements de santé publics ou privés où l’adoption de la contraception a été plus faible devront peut-être moderniser leurs services et conseils post-partum.

Indépendamment de l’âge d’une femme, elle doit bénéficier de services et de conseils adaptés. L’adoption de la contraception post-partum diffère en fonction de l’âge dans plusieurs pays. Dans certains, les mères les plus jeunes (celles qui ont moins de 20 ans) sont oubliées, tandis que, dans d’autres, les femmes âgées de 35 ans ou plus sont laissées pour compte. Sur le plan biologique, les mères les plus jeunes sont les plus à risque d’être à nouveau enceintes, tandis que celles âgées de 35 ans ou plus risquent davantage d’avoir des complications liées à leur grossesse. Pour s’assurer qu’elles sont en mesure de prendre des décisions informées au sujet de leur santé, les femmes de tous âges en post-partum doivent bénéficier de services et de conseils. 

Les différences d’utilisation de la contraception en fonction de la situation matrimoniale et de l’âge doivent être étudiées en tant que signaux éventuels d’obstacles fondés sur le genre. Dans certains pays, la prévalence contraceptive moderne post-partum est plus élevée chez les femmes qui ne sont pas mariées par rapport à celles qui le sont. Cette situation pourrait signifier que les femmes mariées ont moins d’autonomie dans leur prise de décisions9. Dans les pays où la prévalence contraceptive moderne post-partum est inférieure chez les femmes qui ne sont pas mariées, il pourrait s’agir d’un indicateur que les services de planification familiale ne sont pas facilement disponibles pour les femmes non mariées (qui ont également tendance à être plus jeunes)10. Ces possibilités doivent faire l’objet d’une investigation afin de s’assurer que les femmes ne sont pas exclues de la prise de décisions au sujet de leur propre santé. 

7.
Organisation mondiale de la Santé et Jhpiego, Postnatal Care for Mothers and Newborns: Highlights from the World Health Organization 2013 Guidelines, avril 2015, https://www.who.int/docs/default-source/mca-documents/nbh/brief-postnatal-care-for-mothers-and-newborns-highlights-from-the-who-2013-guidelines.pdf.
8.
Organisation mondiale de la Santé, WHO Recommendations on Maternal and Newborn Care for a Positive Postnatal Experience, Genève, OMS, 2022, https://iris.who.int/bitstream/handle/10665/352658/9789240045989-eng.pdf.
9.
Tadele Biresaw Belachew et al., « Married women's decision-making autonomy on modern contraceptive use and its associated factors in high fertile sub-Saharan Africa countries: a multi-level analysis of Demographic and Health Surveys », Archives of Public Health 81, 1er novembre 2023, 195, doi : 10.1186/s13690-023-01210-3.
10.
Bright Opoku Ahinkorah et al., « Female adolescents' reproductive health decision-making capacity and contraceptive use in sub-Saharan Africa: What does the future hold? », PloS One 15, no 7 (juillet 2020) : e0235601, doi : 10.1371/journal.pone.0235601.

Afrique de l’Est et Australe

L’Afrique de l’Est et australe a la population à la croissance la plus rapide au monde. Le nombre de femmes en âge de procréer a augmenté de 35 % entre 2012 et 2023 : il est passé de 102 à 139 millions. Près de quatre millions de femmes ont atteint l’âge de procréer au cours de l’année dernière uniquement (soit entre 2022 et 2023). 

tABLEau 2

Mise à jour démographique

Nombre total de femmes en âge de procréer en 2023

139 millions

% de changement depuis 2012 

35 %

Afrique de l’est

Afrique de australe

Femmes en âge de procréer en 2023 

121 millions

18 millions

Nombre total de naissances en 2023 

15,7 millions

1,3 million

Indice synthétique de fécondité (ISF) 

4,1

2,4

Âge médian 

17,9

26,9

Utilisation des contraceptifs modernes, toutes les femmes 

33,0 %

51,4 %

Femmes mariées utilisant des contraceptifs modernes 

43,3 %

59,2 %

Femmes non mariées utilisant des contraceptifs modernes 

16,6 %

46,6 %

Méthode(s) la(les) plus courante(s)

Contraceptifs injectables et implants 

Contraceptifs injectables et implants 

Évaluation de l’inclusion sociale et de l’égalité des sexes

Les pays d’Afrique de l’Est et australe ont connu de grandes réussites en adoptant des lois et des politiques en faveur de la planification familiale, mais aussi de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Le Protocole de Maputo a joué un rôle fondamental en stimulant le développement de cadres juridiques dans les pays. Souvent, les constitutions comprennent des droits d’accès à la santé. Le Rwanda et la Zambie ont adopté des lois d’intégration de la dimension de genre afin de façonner les politiques et les programmes gouvernementaux. 

Toutefois, la région rencontre des difficultés avec les politiques et les lois sur l’âge légal pour les adolescents et les adolescentes. L’ambiguïté juridique autour du viol de mineur et de l’âge minimum pour accéder à la contraception influe sur la prestation des services. Par ailleurs, d’autres lois et politiques (les failles dans les lois sur les mariages d’enfants, les lois défavorables aux personnes LGBTQIA+ et l’absence de dispositions sur la confidentialité des soins de santé) entravent l’accès à la planification familiale, mais aussi à d’autres soins liés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. 

African lesbian women couple hugging, girlfriend holds a rainbow flag, homosexual love.

Les normes de genre de la région s’accompagnent de sérieuses sanctions et sont influencées par la religion, la culture et les traditions. La plupart des pays d’Afrique de l’Est et australe font face à des problèmes concernant la sexualité des adolescentes, le mariage d’enfants, la grossesse chez les adolescentes et les mutilations génitales féminines. Les normes considérant les hommes comme le « chef de famille » limitent l’autonomie des femmes et contribuent à restreindre la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes et des femmes non mariées, tandis que l’exclusion et la discrimination économique appuient le manque d’accès aux soins de santé. Des avancées remarquables ont été réalisées en matière de représentation politique dans certains pays. Toutefois, la discrimination réprime toujours le leadership des femmes au sein du personnel de santé et du gouvernement. 

Planification familiale post-partum

Pays étudiés : Angola, Burundi, Comores, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Namibie, Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe 

Dans 11 des 14 pays que nous avons étudiés (à l’exception du Lesotho, de la Namibie et du Zimbabwe), la prévalence contraceptive moderne est faible au début du post-partum, c’est-à-dire dans le mois suivant l’accouchement selon la définition établie pour cette étude. Le risque de grossesse est faible à cette période, car la plupart des femmes connaissent une résistance post-partum : soit elles n’ont pas de relations sexuelles, soit elles sont en aménorrhée (elles n’ont pas de règles). La résistance post-partum diminue au fil du temps. Néanmoins, la plupart des femmes d’Afrique de l’Est et australe ne risquent toujours pas d’être à nouveau enceintes à six mois du post-partum. Or, à 12 mois, les femmes de tous les pays, sauf l’Angola, le Burundi, l’Éthiopie, le Malawi et le Rwanda, deviennent susceptibles d’être à nouveau enceintes. 

Dans tous les pays, la prévalence contraceptive moderne augmente au fur et à mesure que le temps passe à partir de l’accouchement. Au bout d’un mois du post-partum, la prévalence contraceptive moderne est la plus élevée au Zimbabwe (48,3 %), suivi du Lesotho (34,1 %) et de la Namibie (22,1 %). Certains pays ont également une prévalence contraceptive moderne globale élevée. 

L’Organisation mondiale de la Santé recommande que les naissances soient espacées d’au moins 24 mois. Dans les 14 pays que nous avons étudiés, plus de 10 % des naissances sont trop rapprochées, c’est-à-dire dans les deux ans suivant un accouchement. En outre, dans cinq pays (l’Angola, les Comores, l’Éthiopie, Madagascar et l’Ouganda), plus de 20 % des naissances sont trop rapprochées, Les naissances trop rapprochées sont particulièrement élevées aux Comores, où près d’un tiers (soit 30 %) des grossesses surviennent dans un intervalle de deux ans. Un intervalle très court de 7 à 17 mois entre les grossesses, qui représente le risque le plus élevé, n’est pas courant dans la région, même si une naissance sur dix en Angola, dans les Comores et à Madagascar survient au cours de cette période. 

Qui est oubliée ?

Type d’établissement : dans l’ensemble des pays, les femmes qui accouchent à domicile présentent la prévalence contraceptive moderne la plus basse à tous les moments du post-partum. Dans certains pays (l’Éthiopie, le Kenya, la Namibie, le Rwanda et le Zimbabwe), l’écart de la prévalence contraceptive moderne entre les femmes qui ont accouché à domicile par rapport à celles qui ont accouché dans un établissement (privé ou public) est particulièrement important et continue de progresser jusqu’à 12 mois du post-partum. À ce moment-là, l’écart d’utilisation est d’au moins 20 points de pourcentage. Cette situation souligne la nécessité d’une distribution communautaire de contraceptifs au cours de laquelle les agents de santé ont suivi une formation à la planification familiale post-partum, mais aussi savent fournir rapidement des services et des conseils appropriés.

Figure 4

Planification familiale post-partum selon le lieu d’accouchement (Afrique de l’Est et australe)

  •  

    PCM globale 

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements publics 

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements privés 

  •  

    PCM pour les accouchements à domicile 

  •  

    Insusceptibilité post-partum 

Âge de la mère lors du dernier accouchement: dans la plupart des pays étudiés, la prévalence contraceptive moderne était à son point le plus bas chez les mères les plus âgées (entre 35 et 49 ans). L’utilisation de méthodes modernes de contraception était largement similaire pour les mères de moins de 20 ans, d’une part, et pour les mères âgées de 20 à 34 ans, d’autre part. Dans trois pays (le Burundi, l’Éthiopie et Madagascar), la prévalence contraceptive moderne à 6 mois du post-partum était à son niveau le plus élevé chez les mères les plus jeunes (de moins de 20 ans).

Figure 5

Planification familiale post-partum selon l’âge de la mère (Afrique de l’Est et australe)

  • < 20
  • 20-34
  • 35-49

Situation matrimoniale de la mère lors du premier accouchement : dans 7 des 14 pays étudiés (les Comores, l’Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, la Namibie et la Zambie), il n’existe aucune différence concrète dans l’utilisation de la contraception post-partum entre les femmes mariées et non mariées qui accouchent pour la première fois. En Angola, au Burundi, en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie, les femmes non mariées qui ont accouché pour la première fois ont le plus utilisé les méthodes modernes de contraception à 6 mois du post-partum. Inversement, au Malawi et au Zimbabwe, les femmes mariées qui ont accouché pour la première fois ont le plus utilisé les méthodes modernes de contraception à 6 mois du post-partum. 

Occasions d’amélioration

S’assurer que toutes les mères bénéficient rapidement de soins postnataux. Dans tous les pays que nous avons analysés, un pourcentage important de femmes a bénéficié d’un seul et unique contrôle post-partum soit 41 jours ou plus après l’accouchement, soit pas du tout. Sont concernées plus de 80 % des femmes en post-partum en Éthiopie, plus de 60 % des femmes en post-partum en Angola et en Tanzanie, plus de 40 % des femmes au Burundi, à Madagascar, au Malawi et en Ouganda, mais aussi plus de 20 % des femmes au Kenya, au Rwanda, en Zambie et au Zimbabwe. Seulement dans trois pays (le Kenya, le Rwanda et la Zambie), la majorité des femmes bénéficient de leurs contrôles postnataux dans les 4 heures suivant l’accouchement. 

S’efforcer de fournir des contrôles postnataux dès que possible après l’accouchement. Dans tous les pays, la prévalence contraceptive moderne actuelle est plus élevée chez les femmes dont les contrôles postnataux ont été effectués 4 heures après l’accouchement par rapport à celles qui en ont bénéficié au bout de 41 jours ou plus, voire jamais. La différence est plus marquée pour les femmes en Angola (19,8 % par rapport à 5,2 %) et en Éthiopie (45,5 % contre 25 %). Dans certains établissements de santé publics, les femmes sortent dans les 12 à 24 heures suivant l’accouchement et ne reviennent pas toujours pour les contrôles postnataux précoces, sauf si elles ont un problème. Par conséquent, il est important de fournir immédiatement des soins post-partum, y compris des conseils en planification familiale et des méthodes, lorsque les femmes se trouvent toujours dans l’établissement11.  

S’assurer que les contrôles postnataux comprennent des conseils en planification familiale qui sont adaptés aux besoins spécifiques des femmes, en fonction de leur âge et de leur situation matrimoniale. (Les services ne doivent pas être refusés aux femmes jeunes ou non mariées.) Même s’il existe peu d’informations détaillées sur le contenu des contrôles postnataux, les données dont nous disposons suggèrent que les conseils en planification familiale ne sont pas toujours fournis dans de nombreux cas. Lors de la dernière enquête menée au Kenya auprès des ménages (enquête sur la santé démographique de 2022), qui comprenait des questions sur les soins postnataux, seulement 29 % des femmes en post-partum ont affirmé avoir reçu des conseils en planification familiale. Dans le cadre de l’évaluation de la prestation de services la plus récente réalisée en Tanzanie (pour la période 2014-2015), seulement 35 % des contrôles de soins prénataux comprenaient des informations sur la planification familiale post-partum, tandis que, dans la dernière évaluation menée au Malawi (pour la période 2013-2014), seulement 12 % des contrôles prénataux incluaient ces informations12. 

11.
Oona M. R. Campbell et al., « Length of Stay After Childbirth in 92 Countries and Associated Factors in 30 Low- and Middle-Income Countries: Compilation of Reported Data and a Cross-sectional Analysis from Nationally Representative Surveys », PLoS Medicine 13, no 3 (mars 2016) : e1001972, doi : 10.1371/journal.pmed.1001972.
12.
Voir l’évaluation 2014-2015 en Tanzanie (https://dhsprogram.com/publications/publication-spa22-spa-final-reports.cfm) et l’évaluation 2013-2014 au Malawi (https://dhsprogram.com/publications/publication-SPA20-SPA-Final-Reports.cfm) sur le site Internet du DHS Program.

Figure 6

Planification du premier contrôle postnatal pour la mère

  •  

    Aucun contrôle ou contrôle après 41 derniers jours

  •  

    < 4 heures

  •  

    4 à 23 heures

  •  

    1 à 2 jours

  •  

    3 à 6 jours

  •  

    7 à 41 jours

  •  

    Je ne sais pas./Il n’y a pas de données. 

Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale

L’Afrique de l’Ouest et centrale affiche les taux de natalité les plus élevés au monde. En outre, l’Afrique centrale abrite la population la plus jeune de la planète : la moitié de ses habitants et habitantes a 16 ans ou moins. Dans toute l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, la population des femmes en âge de procréer a augmenté de 31 % entre 2012 et 2023 : elle est passée de 164 à 216 millions. Environ 5,5 millions de femmes ont atteint l’âge de procréer au cours de l’année dernière uniquement (soit entre 2022 et 2023). 

tABLEau 3

Mise à jour démographique

Nombre total de femmes en âge de procréer en 2023 

215 millions

% de changement depuis 2012 

31 %

Afrique du nord

Afrique de l’ouest

Afrique de centrale

Femmes en âge de procréer en 2023 

66 millions

104 millions

45 millions

Nombre total de naissances en 2023 

5,8 millions

15 millions

7,9 millions

Indice synthétique de fécondité (ISF) 

3

4,8

5,5

Âge médian 

24,7

17,4

16,1

Utilisation des contraceptifs modernes, toutes les femmes 

33,0 %

17,2 %

16,6 %

Femmes mariées utilisant des contraceptifs modernes

50,1 %

19,4 %

16,5 %

Femmes non mariées utilisant des contraceptifs modernes

2,8 %

13,0 %

16,7 %

Méthode(s) la(les) plus courante(s)

Pilules et DIU

Implants et contraceptifs injectables

Pilules et contraceptifs injectables

Évaluation de l’inclusion sociale et de l’égalité des sexes

Dans cette région, l’évaluation s’est concentrée sur cinq pays, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Nigeria. Le Protocole de Maputo a été ratifié dans chacune de ses nations. En outre, la santé et les droits sexuels et reproductifs sont garantis par la loi dans tous les pays, à l’exception de la Côte d’Ivoire. Les trois nations francophones sont membres du Partenariat de Ouagadougou qui a galvanisé le mouvement de la planification familiale en Afrique de l’Ouest. Le Liberia et le Nigeria ont également connu des avancées sur le plan politique. Le Liberia a mené une coopération interministérielle sur le genre et la planification familiale, tandis qu’au Nigeria, la participation de la société civile a donné naissance à une politique nationale relative au genre à la solidité exceptionnelle. Toutefois, les luttes politiques autour des coûts prouvent que la planification familiale ne fait pas partie intégrante de la couverture santé universelle de tous les pays. 

Les normes de genre dans les pays anglophones et francophones sont similaires et influencées par la religion et les traditions. Les hommes dominent les ménages et les prises de décisions quant au nombre d’enfants et à l’accès aux soins de santé. La sexualité des adolescentes est stigmatisée. Les normes sociales et le manque de formation des agents de santé entravent l’accès des adolescents et des adolescentes à la contraception ainsi que leur éducation sexuelle. Les politiques garantissent un accès à l’éducation après un accouchement. Cependant, la stigmatisation et la discrimination en empêchent la mise en œuvre. Le nombre de mariages d’enfants est élevé dans cette région. 

Planification familiale post-partum

Pays étudiés : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Égypte, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone 

Au sein de toute la région, l’utilisation de méthodes modernes de contraception post-partum est extrêmement faible au début du post-partum. Dans la plupart des pays, la prévalence contraceptive moderne au cours du premier mois post-partum s’élève à 10 % au maximum. Par conséquent, l’insusceptibilité post-partum est élevée, soit 85 % ou plus à 3 mois du post-partum dans chaque pays, à l’exception de l’Égypte où elle est de 57 %. À ce moment, l’insusceptibilité commence à rapidement diminuer. À 9 mois du post-partum, au moins un tiers des femmes sont susceptibles d’être à nouveau enceintes. À 12 mois, une majorité des femmes en post-partum de tous les pays (sauf la Guinée, le Niger, le Sénégal et la Sierra Leone) courent ce risque. 

Au sein de l’ensemble des 14 pays inclus dans notre étude, plus de 10 % des naissances sont survenues dans les 24 mois suivant une précédente grossesse, ce qui est proche de la recommandation de l’OMS. Dans cinq pays (le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Nigeria), ce chiffre monte à 20 % : une naissance sur cinq est trop rapprochée. 

Qui est oubliée ?

Type d’établissement : les femmes qui accouchent à domicile affichent le taux d’adoption de la contraception moderne le plus bas au cours du post-partum. L’écart le plus important a été remarqué au Sénégal : plus de 1 femme qui accouche dans un établissement (public ou privé) sur 4 utilise une méthode moderne à 3 mois du post-partum, contre 1 femme accouchant à domicile sur 10. Dans six pays (la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Sénégal), il existe une différence notable en fonction du type d’établissement. La prévalence contraceptive moderne est plus élevée chez les femmes qui accouchent dans un établissement privé par rapport aux structures publiques. La différence la plus importante a été remarquée au Sénégal : à 6 mois du post-partum, 55,1 % des femmes qui ont accouché dans un établissement privé utilisent une méthode moderne, contre 35,2 % des femmes ayant accouché dans un établissement public. La différence entre les établissements publics et privés en matière d’adoption de méthodes modernes de contraception est plus variable en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale par rapport à l’Afrique de l’Est et australe ou à l’Asie, où les écarts sont nettement marqués au Niger et au Sénégal.   

Figure 7

Planification familiale post-partum selon le lieu d’accouchement (Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale)

  •  

    PCM globale

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements publics

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements privés

  •  

    PCM pour les accouchements à domicile

  •  

    Insusceptibilité post-partum

Âge de la mère lors du dernier accouchement : au Bénin, en Gambie, au Niger, au Nigeria et au Sénégal, les mères les plus jeunes (de moins de 20 ans) sont les moins susceptibles d’utiliser des méthodes modernes à 6 et 12 mois du post-partum. Les écarts les plus importants en matière d’utilisation entre les mères plus jeunes et plus âgées sont enregistrés au Sénégal et au Nigeria. Au Nigeria, seulement 5 % des mères de moins de 20 ans utilisent une méthode moderne de contraception à 6 mois du post-partum, contre 11 % des mères âgées de 20 à 34 ans. Au Sénégal, seulement 21 % des mères de moins de 20 ans utilisent une méthode moderne de contraception à 6 mois du post-partum, contre 34 % des mères âgées de 20 à 34 ans. Ces écarts persistent tout au long du post-partum. Un schéma différent se dessine au Burkina Faso, en Guinée, au Liberia, au Mali, en Mauritanie et en Sierra Leone, où les mères les plus âgées (entre 35 et 49 ans) affichent l’utilisation de méthodes modernes de contraception pendant le post-partum la plus faible.

Figure 8

Planification familiale post-partum selon l’âge de la mère (Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale)

  •  

    < 20

  •  

    20-34

  •  

    35-49

Situation matrimoniale de la mère lors du premier accouchement : dans l’ensemble des pays, à l’exception du Niger et de l’Égypte, l’utilisation des méthodes modernes de contraception est plus élevée chez les femmes qui n’étaient pas mariées lorsqu’elles ont donné naissance à leur premier enfant. Cette situation est particulièrement prégnante au Mali. En revanche, au Niger et en Égypte, les femmes qui n’étaient pas mariées lorsqu’elles ont donné naissance à leur premier enfant sont moins susceptibles d’utiliser des méthodes modernes de contraception au cours du post-partum.

Occasions d’amélioration

Identifier et contacter les femmes et les jeunes filles qui ne reçoivent pas de soins postnataux. Contrairement à l’Afrique de l’Est et australe, au sein de l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, au moins un tiers de toutes les femmes en post-partum de tous les pays bénéficient d’un contrôle postnatal dans les 4 heures suivant l’accouchement. Ce chiffre passe à plus de 50 % des femmes au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Mali, au Liberia, au Sénégal et en Sierra Leone. Inversement, plus de la moitié des femmes en post-partum au Nigeria et en Mauritanie bénéficient d’un contrôle postnatal 41 jours ou plus après leur accouchement, voire jamais. Les pays de la région doivent capitaliser sur leurs programmes de soins postnataux, qui sont déjà bien solides, afin d’identifier les raisons pour lesquelles certaines femmes et jeunes filles sont oubliées, puis de développer des stratégies adaptées en vue de s’assurer qu’elles reçoivent bien des soins postnataux. 

S’efforcer de fournir des contrôles postnataux dès que possible après l’accouchement. Dans tous les pays, la prévalence contraceptive moderne actuelle est plus élevée chez les femmes dont les contrôles postnataux ont été effectués 4 heures après l’accouchement par rapport à celles qui en ont bénéficié au bout de 41 jours ou plus, voire jamais. La différence est plus marquée pour les femmes au Burkina Faso (35,8 % par rapport à 27,8 %) et au Sénégal (29,7 % contre 12,8 %). En outre, le Sénégal comptabilise les écarts les plus importants quant à l’adoption de méthodes modernes de contraception par les femmes qui accouchent à domicile par rapport à celles qui se rendent dans un établissement de santé.

S’assurer que les contrôles postnataux comprennent des conseils sur l’espacement des naissances et la planification familiale. De tels services ne devraient pas être refusés aux femmes non mariées ou jeunes.  Selon les résultats obtenus par la dernière évaluation de la prestation de services menée en République démocratique du Congo (pour la période 2017-2018), seulement 11 % des consultations prénatales comprenaient des informations sur la planification familiale post-partum13. Il s’agit de la seule étude relativement récente qui est disponible pour cette région. 

figure 9

Planification du premier contrôle postnatal pour la mère

  • Aucun contrôle ou contrôle après 41 derniers jours
  • < 4 heures
  • 4 à 23 heures
  • 1 à 2 jours
  • 3 à 6 jours
  • 7 à 41 jours
  • Je ne sais pas./Il n’y a pas de données.

Asie-Pacifique

L’Asie-Pacifique comprend la population la plus vaste de la planète. Cependant, elle ne connaît pas une croissance aussi rapide que celle d’Afrique subsaharienne. Néanmoins, simplement à cause de la taille de la population de cette région, toute petite augmentation en pourcentage se traduit en nombres vraiment très importants. Entre 2012 et 2023, le nombre de femmes en âge de procréer en Asie-Pacifique a augmenté de 40 millions. En parallèle, l’indice de fécondité est de 1,9 dans toute cette région, un chiffre inférieur au seuil de remplacement. 

tABLEau 4

Mise à jour démographique

Nombre total de femmes en âge de procréer en 2023 

1,18 milliards

% de changement depuis 2012 

4 %

Asie centrale

Asie de l’Est

Océanie

Asie du Sud-Est

Asie du sud

Asie occidentale

Femmes en âge de procréer en 2023 

20 millions

369 millions

11 millions

176 millions

533 millions

74 millions

Nombre total de naissances en 2023

1,6 millions

12,4 millions

697,000

10,9 millions

36 millions

5.6 millions

Indice synthétique de fécondité (ISF)

2,9

1,2

2,1

2,1

2,2

2,5

Âge médian 

26,5

39,9

32,7

27,1

31,9

22,5

Utilisation des contraceptifs modernes, toutes les femmes 

39,1 %

66,6 %

46,9 %

NA

41,4 %

26,5 %

Femmes mariées utilisant des contraceptifs modernes

54,2 %

81,0 %

54,4 %

NA

55,3 %

40,9 %

Femmes non mariées utilisant des contraceptifs modernes 

8,7 %

27,6 %

36,2 %

NA

5,6 %

2,9 %

Méthode(s) la(les) plus courante(s)  

DIU

DIU

Pilules, contraceptifs injectables et stérilisation féminine 

Pilules 

Stérilisation féminine et pilules 

DIU et pilules 

Planification familiale post-partum

Pays étudiés : Afghanistan, Bangladesh, Cambodge, Inde, Indonésie, Jordanie, Myanmar, Népal, Philippines, Pakistan, République kirghize, Tadjikistan, Timor-Oriental, Yémen 

Dans la plupart des pays que nous avons étudiés, la prévalence contraceptive moderne est faible au début du post-partum (soit dans le mois suivant l’accouchement). Au cours de cette période, le risque de grossesse chez les femmes est également bas à cause de la résistance post-partum. Dans l’ensemble des pays, la prévalence contraceptive moderne augmente au fur et à mesure que le temps s’écoule depuis l’accouchement. La prévalence contraceptive moderne à un mois du post-partum s’élevait à plus de 20 % en Indonésie, en Jordanie, aux Philippines et au Yémen. Elle était la plus élevée en Jordanie (33,7 %), ce qui pourrait indiquer une utilisation tout de suite après l’accouchement étant donné que les DIU représentent la méthode la plus courante dans ce pays. 

La résistance post-partum diminue plus rapidement par rapport à l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale et à l’Afrique de l’Est et australe. Dans la plupart des pays d’Asie-Pacifique, les femmes sont exposées au risque de grossesse à 6 mois du post-partum. Seulement le Népal et le Timor-Oriental affichent les nombres les plus élevés de femmes qui ne courent toujours pas ce risque à 6 mois du post-partum (soit 52,7 % et 70,5 %, respectivement). À 12 mois du post-partum, la plupart des femmes de tous les pays, à l’exception du Timor-Oriental, risquent d’être à nouveau enceintes14. 

Des naissances trop rapprochées représentent un problème dans cette région, en particulier dans huit pays. En effet, en Inde, en Jordanie, en République kirghize et au Timor-Oriental, plus de 20 % des femmes accouchent dans les deux ans suivant une précédente naissance. En Afghanistan, au Pakistan, au Tadjikistan et au Yémen, ce chiffre passe à 30 % au minimum. Dans ces huit pays, 1 femme sur 10 accouche dans des intervalles très courts, c’est-à-dire 7 à 17 mois suivant une précédente grossesse. 

14.
Aucune donnée relative à la résistance post-partum n’est disponible pour le Yémen. L’étude a donc uniquement porté sur l’abstinence et l’aménorrhée post-partum.

Qui est oubliée ?

Type d’établissement : dans l’ensemble des pays, les femmes qui accouchent à domicile au lieu de se rendre dans un établissement (public ou privé) affichent la prévalence contraceptive moderne la plus basse, même si les écarts ne sont pas aussi importants qu’en Afrique de l’Est et australe et en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale. En outre, au sein de tous les pays étudiés (à l’exception de l’Afghanistan), à 12 mois du post-partum, il n’existe aucune différence importante dans la prévalence contraceptive moderne chez les femmes qui ont accouché dans un établissement public par rapport à un établissement privé. L’Afghanistan a enregistré une différence d’environ 10 points de pourcentage entre les femmes ayant accouché dans un établissement privé par rapport à celles qui se sont rendues dans un établissement public (soit 42,3 % contre 31,2 %, respectivement).

Figure 10

Planification familiale post-partum selon le lieu d’accouchement (Asie-Pacifique)

  •  

    PCM globale

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements publics

  •  

    PCM pour les accouchements dans les établissements privés

  •  

    PCM pour les accouchements à domicile

  •  

    Insusceptibilité post-partum

Âge de la mère lors du dernier accouchement : dans sept pays (l’Afghanistan, l’Inde, la Jordanie, le Népal, le Pakistan, la République kirghize et le Tadjikistan), l’adoption des méthodes modernes de contraception est la plus faible chez les mères les plus jeunes (de moins de 20 ans). Dans deux pays (la République kirghize et le Tadjikistan), l’écart de prévalence contraceptive moderne entre les mères les plus jeunes et celles âgées de 20 à 34 ans ou de 35 à 49 ans s’est agrandi au fil du temps. Le Cambodge et l’Indonésie connaissent une situation inverse : l’adoption des méthodes modernes de contraception post-partum est la plus faible chez les mères les plus âgées (de 35 à 49 ans) et la plus élevée chez les mères les plus jeunes (de moins de 20 ans). 

Figure 11

Planification familiale post-partum selon l’âge de la mère (Asie-Pacifique)

  • < 20
  • 20-34
  • 35-49

Situation matrimoniale de la mère lors du premier accouchement : dans cinq des neufs pays15 analysés (l’Afghanistan, le Cambodge, la Jordanie, les Philippines et le Yémen), l’adoption des méthodes modernes de contraception post-partum est plus élevée chez les femmes qui n’étaient pas mariées au moment de la naissance de leur premier enfant. La différence est la plus importante au Cambodge, où il existe un écart de plus de 10 points de pourcentage à 12 mois du post-partum. Inversement, en Indonésie et au Myanmar, l’adoption des méthodes modernes de contraception est plus élevée chez les femmes qui étaient mariées au moment de la naissance de leur premier enfant.

15.
Seuls neufs pays disposaient d’échantillons suffisants de données sur les accouchements des femmes non mariées qui pouvaient être utilisés dans le cadre de cette analyse : Afghanistan, Cambodge, Inde, Indonésie, Jordanie, Myanmar, Philippines, Timor-Oriental et Yémen.

Occasions d’amélioration

Réduire tout écart dans les soins postnataux fournis en temps opportuns. Contrastant nettement avec l’Afrique de l’Est et australe ainsi que l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, la région Asie-Pacifique est une bonne élève en matière de soins postnataux fournis en temps opportuns. Dans 8 des 11 pays disposant de données sur la planification (le Bangladesh, le Cambodge, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, le Népal, le Pakistan et le Tadjikistan), plus de la moitié des mères ont bénéficié d’un contrôle postnatal dans les 4 heures suivant leur accouchement16. L’observation la plus extrême concerne le Timor-Oriental, où la majorité des femmes bénéficie d’un contrôle postnatal 41 jours ou plus après l’accouchement, voire jamais. La situation est similaire pour plus de 20 % des femmes au Myanmar, au Népal et au Pakistan.

Fournir une contraception tout au début du post-partum. Dans 10 des 11 pays disposant de données sur la planification (à l’exception du Cambodge), la prévalence de la contraception moderne actuelle est plus élevée chez les femmes dont les contrôles postnataux ont été effectués 4 heures après l’accouchement par rapport à celles qui en ont bénéficié au bout de 41 jours ou plus, voire jamais. La différence est plus marquée pour les femmes au Myanmar (63 % par rapport à 46,4 %) et aux Philippines (51,7 % contre 36,3 %). Il n’existe aucune différence au Cambodge. 

S’assurer que les contrôles postnataux comprennent des conseils sur l’espacement des naissances et la planification familiale. De tels services ne devraient pas être refusés aux femmes non mariées ou jeunes. Les dernières enquêtes sur la santé démographique menées au Cambodge, au Népal et aux Philippines comprennent des questions sur le contenu des contrôles postnataux. La majorité des femmes au Cambodge et aux Philippines ont reçu des informations sur la planification familiale lors de leurs contrôles postnataux contre un quart des femmes (soit 25,4 %) au Népal. L’évaluation de la prestation de services la plus récente au Népal (pour l’année 2021) affiche un pourcentage similaire : 23,6 % des femmes en post-partum ont reçu des conseils en planification familiale et 3,6 % ont adopté une méthode de contraception. Au Népal, les mères les plus jeunes (de moins de 20 ans) sont moins susceptibles de bénéficier de conseils en planification familiale par rapport aux mères plus âgées (de 20 à 49 ans). Très peu de consultations (soit 1 % ou moins) comprenaient une discussion sur les soins aux nouveau-nés, l’allaitement, la vaccination des nourrissons ou la planification familiale17. 

16.
L’Afghanistan, la République kirghize et le Yémen ne disposaient pas de données sur la planification des contrôles postnataux.

Figure 12

Planification du premier contrôle postnatal pour la mère

  • Aucun contrôle ou contrôle après 41 derniers jours
  • < 4 heures
  • 4 à 23 heures
  • 1 à 2 jours
  • 3 à 6 jours
  • 7 à 41 jours
  • Je ne sais pas./Il n’y a pas de données.

Amérique Latine et Caraïbes

Indigenous Woman

L’Amérique latine et les Caraïbes se distinguent des autres régions à plusieurs égards. Leur population est plus âgée que celles d’Afrique ou d’Asie et connaît une croissance plus lente. L’âge médian est de 30,9 ans. En outre, l’indice de fécondité dans chaque sous-région, mais aussi dans l’Amérique latine et les Caraïbes dans leur ensemble, est inférieur au seuil de remplacement. 

La population des femmes en âge de procréer a augmenté de 7,9 % entre 2012 et 2023 : elle est passée de 162 à 175 millions. Environ 800 000 femmes ont atteint l’âge de procréer au cours de l’année dernière (soit entre 2022 et 2023). L’Amérique centrale connaît la croissance la plus rapide : la population des femmes en âge de procréer a augmenté de 12 % entre 2012 et 2023. 

tABLEau 5

Mise à jour démographique

Nombre total de femmes en âge de procréer en 2023 

1,18 milliards

% de changement depuis 2012 

8 %

Caribbean

Central America

South America

Femmes en âge de procréer en 2023 

11 millions

49 millions

115 millions

Nombre total de naissances en 2023 

673,000

2,8 millions

6 millions

Indice synthétique de fécondité (ISF) 

2

1,9

1,8

Âge médian 

31,6

28,4

40

Utilisation des contraceptifs modernes, toutes les femmes 

46,2 %

50,7 %

59,1 %

Femmes mariées utilisant des contraceptifs modernes

57,7 %

68,4 %

73,2 %

Femmes non mariées utilisant des contraceptifs modernes

34.7 %

27,9 %

42,4 %

Méthode(s) la(les) plus courante(s) 

NA

Stérilisation féminine et contraceptifs injectables

NA

L’adoption des méthodes modernes de contraception est élevée en Amérique latine et dans les Caraïbes, même plus importante par rapport à la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et du Pacifique. Comme les estimations le suggèrent, plus de 70 % des femmes mariées et plus de 55 % de l’ensemble des femmes utilisaient une méthode moderne de contraception en 2023. Toutefois, il existe très peu de données récentes sur la santé sexuelle et reproductive dans cette région. Seulement cinq pays d’Amérique latine et des Caraïbes (le Belize, la Bolivie, l’El Salvador, Haïti et le Honduras) ont mené une enquête auprès des femmes en âge de procréer depuis 2014. Par conséquent, les informations détaillées sur les avancées réalisées au cours de la dernière décennie sont rares à l’échelle régionale et nationale ou auprès des populations marginalisées depuis longtemps, comme les peuples autochtones et les personnes afrodescendantes. Cependant, certains indicateurs suggèrent que la région est toujours confrontée à des défis en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. 

Même si, dans le monde, la disponibilité des méthodes contraceptives les plus récentes a amené les femmes à passer à des contraceptifs réversibles à action longue durée, ces derniers sont très peu utilisés dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, selon les résultats de leurs dernières enquêtes sur la santé reproductive18. Dans trois des cinq pays d’Amérique latine et des Caraïbes (le Belize, El Salvador et le Honduras) qui ont réalisé de telles enquêtes depuis 2015, la stérilisation féminine était la méthode la plus courante. Les contraceptifs injectables étaient les plus souvent utilisés en Bolivie et en Haïti en priorité et la seconde méthode la plus courante au Belize, au Salvador et au Honduras. Les implants et les DIU, qui sont largement utilisés en Afrique et en Asie, ne se sont pas beaucoup imposés en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le recours à des contraceptifs réversibles à action longue durée est faible au sein de toute la population, en particulier chez les femmes autochtones, jeunes, pauvres, peu instruites et qui vivent dans des zones rurales. 

L’Amérique latine et les Caraïbes doivent relever un autre défi, à savoir le taux de natalité élevé chez les adolescentes, qui correspond à 53 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans. Il est particulièrement élevé dans la plupart des pays d’Amérique centrale et du Sud. Fait notable en Amérique latine et dans les Caraïbes, le taux de natalité chez les adolescentes est supérieur dans cette région par rapport à des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure comparables d’autres régions, mais aussi aux pays et aux régions affichant des niveaux élevés similaires d’utilisation des contraceptifs. Ces différences peuvent suggérer qu’il existe des obstacles à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des jeunes. À nouveau, très peu de données détaillées ressortent des enquêtes les plus récentes. 

Afin de mieux comprendre les éventuels obstacles à la disponibilité élargie des méthodes, mais aussi de satisfaire aux besoins des jeunes et d’autres populations, FP2020 s’associera à des partenaires d’échange de données afin de mettre en lumière les problèmes freinant la collection et l’analyse des informations. Plus largement, le travail de FP2030 dans cette région consistera surtout à attirer l’attention sur les défis subsistants, à renforcer notre implication auprès des organismes de la société civile et des organisations de jeunes, mais aussi à inciter les gouvernements, les bailleurs de fonds et les partenaires techniques à s’engager à réaliser des avancées pour cet objectif prioritaire qui n’a pas encore été atteint. 

18.
Ponce de Leon, Rodolfo Gomez ; Ewerling, Fernanda ; Serruya, Suzanne Jacob ; Silveira, Mariangela F. ; Sanhueza, Antonio ; Moazzam, Ali ; Becerra-Posada, Francisco ; Coll, Carolina ; Hellwig, Franciele ; Victora, Cesar G. et Barros, Aluisio, « Contraceptive Use in 23 Countries in Latin America and the Caribbean: Long-Acting Reversible Contraceptives Much Less Popular than Short-Acting Contraceptives » (30 juin 2018), Global Health, volume 7, numéro 2, février 2019, pages e227-e235, https://doi.org/10.1016/S2214-109X(18)30481-9, disponible sur SSRN : https://ssrn.com/abstract=3207902 ou http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.3207902

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